LES MALHEURS DE SANDRINE

LES MALHEURS DE SANDRINE
Connaissez vous quelqu'un qui a toujours la poisse ? Quelqu'un dont on dit toujours : « évidemment, si ça devait arriver c'était forcément à lui... »
Il y a ceux auxquels il arrive des choses dramatiques et il y a ceux dont les mésaventures font rire .... On se demande bien pourquoi.
Sandrine, elle, a plutôt de la chance dans l'ensemble : c'est une jolie fille plutôt intelligente, elle a une fille de 14 ans en pleine santé et qui ne pose pas de problème, un mari bricoleur, une jolie maison, une mère attentive mais pas envahissante, un boulot qui lui plaît, pas trop mal payé, avec en prime une bonne ambiance.... Que demander de plus ?
Rien si ce n'est peut-être qu'un peu moins de poisse ... et encore, tant qu'il n'arrive rien de dramatique ça met du piment dans la vie et ça permet d'avoir toujours une histoire drôle et véridique à raconter dans les soirées entre amis. Quand on appelle Sandrine on peut commencer par « alors quoi de neuf ? » en étant sûr qu'il y aura effectivement du neuf.
Je vous raconterai ses histoires de temps en temps, quand il y aura du neuf. Mais pour faire connaissance avec elle, je peux commencer par vous raconter son dernier voyage.

Son patron, super sympa, invite tout le personnel à un week end de 3 jours pour faire du ski en Italie. Chouette, ça va permettre de décompresser, de voir du pays et de s'éclater avec les collègues avec qui on se marre bien. Ils attendent tous fébrilement le jour J qui arrive enfin. Ils partent à 17 et se donnent rendez vous à la gare de Lyon. Le train arrive avec une heure et demi de retard, mais jusque là rien d'anormal, le contraire eut été inquiétant même. Le jour où la SNCF tournera rond c'est que la terre tournera dans l'autre sens. Eh oui ! Sandrine est très philosophe à ses heures.
Tout le monde est installé confortablement dans le train, tout se passe bien. Arrivé à la frontière italienne, les contrôleurs changent et ceux là ne parlent pas français, évidemment.
1er hic, la gare où ils devaient descendre n'a pas été annoncée ou bien ils n'ont pas compris ou bien ils n'ont pas entendu (sur 17 personnes ça fait beaucoup de sourds ou de mal comprenant mais bon ... admettons ! après tout quand on part en vacances en général on est pas toujours très frais.) Par chance une des collègues parle à peu près italien et le fait est qu'ils ont bien raté leur gare. Les Italiens, toujours serviables, surtout avec les blondes, (vous ai-je dis que Sandrine était blonde ?) arrêtent le TGV exprès pour eux et les descendent à la première station venue. Ils attendent presque une heure sur un quai désert où ils ne voient que quelques chats dont ils se demandent pour passer le temps lequel va se faire écraser par le train. Il commencent sérieusement à geler quand enfin un train arrive et les emmène à la station qu'ils avaient ratée. Là un car les attend pour les emmener au club méditerrané de Sestrières.
La collègue qui parle à peu près italien demande au chauffeur s'il y a de la neige. Non il n'y a pas de neige car il n'a pas neigé depuis décembre 2006.
Ils n'ont pas fait 5 kilomètres que devinez quoi ... il se met à neiger. Si ça ce n'est pas de la chance !
Mais ils sont sur une route de montagne dans un car pas très adapté à la neige et en prime avec un chauffeur italien. Non, ceux qui disent que les italiens sont des chauffards ne sont pas de mauvaises langues, c'est simplement qu'ils se demandent comment ils sont revenus vivant d'Italie.
Bref, Sandrine est assise à l'arrière du car avec une collègue et ne la ramène pas large quand elle voit la façon de conduire des italiens. En fait il vaut mieux éviter de parler au chauffeur...mais ça ne change pas grand-chose et en plus il continue à parler tout seul. Il fait nuit, il neige, la visibilité est de plus en plus mauvaise et la route glisse de plus en plus. Le car fait une embardée et casse des poteaux qui sont sur le côté gauche de la route. Il a le coté un peu abîmé mais le chauffeur ne s'arrête pas pour si peu et continue son chemin vaillamment. Il continue à faire quelques écarts mais le talent du pilote fait qu'il finit par trouver un appui sur la barrière de sécurité. Et voilà le car qui fait les 5 km restants en roulant en crabe avec le cul qui glisse sur la rambarde. Sandrine qui est assise à l'arrière remercie le ciel qu'il fasse nuit et qu'elle ne voit pas bien le ravin qui défile quasiment sous ses fesses. C'est curieux mais personne ne se demande pourquoi Sandrine, qui d'habitude est le boute-en-train de la bande, ne dit rien.
Après un voyage qui leur a semblé une éternité, et qui d'ailleurs aurait pu les emmener vers l'éternité, ils arrivent enfin au club med.
Ils sont heureux d'être en vie et ils vont pouvoir boire une boisson chaude et se remplir l'estomac dans une ambiance chaude et feutrée, sécurisante.
Seulement il est minuit passé et les employés du club med avaient autre chose à faire que d'attendre un car qui avait de bonnes chances de finir au fond d'un ravin. Les cuisines sont donc fermées. Nos 17 compères gardent le moral, car après tout ils en ont vu d'autres, et vont en ville pour trouver un restaurant accueillant. Ils se remplissent l'estomac et finissent au lit pour un repos réparateur afin de pouvoir dès le lendemain se lancer sur les pistes et profiter à fond de cette neige qui a failli les envoyer ad patres.
Le lendemain, il neige tellement qu'ils ne peuvent pas skier. Non ? Sans blagues ? Ça vous étonne ? Quand vous connaîtrez mieux Sandrine ça ne vous étonnera plus.
Les 3 jours passent en n'ayant presque pas fait de ski mais ils se sont quand même éclatés.
Contre toute attente et au risque de vous décevoir le retour se passe normalement et sans histoire. Ils ont juste failli rater leur train qui était prévu pour 11h30. Ils sont pourtant arrivés à 11h15 mais à 11h20 ils entendent une annonce concernant leur train. La collègue bilingue leur dit que le train aura 10 mn de retard. Ils s'en vont donc prendre un café mais en fait ils se rendent compte que le train avait plutôt 10 minutes d'avance. Ils ont du courir pour ne pas le rater.
Enfin bref à part ça tout s'est bien passé. Ah si ! Juste un détail ! Ils sont arrivés à la gare du Nord le mardi soir vers 17 heures. C'était le 27 mars. Sur le coup ils ont trouvé qu'il y avait beaucoup de monde puis ils ont vu que les gens soit étaient excités et vociféraient des choses incompréhensibles soit rasaient les murs avec un air terrorisé. Ils étaient sans arrêt bousculés et Sandrine avait le plus grand mal à garder sa valise sur ses roulettes. Ils ont compris que quelque chose n'allait pas quand ils ont vu une foule bigarrée courir vers eux et des uniformes de la Police derrière. Il s'en est fallu de peu, à un quart d'heure près ils étaient bloqués dans la gare jusqu'au milieu de la nuit. Mais en rasant les murs et en naviguant à contre courant ils ont pu atteindre la sortie en se cachant de temps en temps dans des boutiques qui n'avaient pas encore compris qu'il valait mieux baisser le rideau.
Ce n'est qu'une fois de retour dans sa campagne tranquille qu'elle réalise ce qui lui est arrivé.
Encore une histoire à raconter aux copains .... Décidément ils vont finir par croire qu'elle les invente.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 03:31

Modifié le mardi 16 septembre 2008 09:38

SANDRINE ET SON CHEVALIER SERVANT

C'était en 1994, eh oui ! la poisse de Sandrine ne date pas d'hier. Je ne sais pas si elle l'a attrapée ou si c'est de naissance....
A l'époque, elle avait une R5 tout ce qu'il y a de plus rutilante... sous la rouille.
Elle revenait du bureau et devait aller chercher sa fille à l'école qui était à 10 mn. C'est ce moment qu'a choisi la R5 pour faire grève et, tant qu'à faire, en plein milieu d'un carrefour. Sandrine pousse la voiture sur le côté et peste en elle-même sur cette bande ce C.. qui ne s'arrêtent pas. On ne peut tout de même pas avoir la poisse tout le temps et donc un chevalier servant s'arrête. Un garçon très gentil... mais malheureusement pas tout à fait fini (peut être un vague cousin d'éléphantman croisé Pokémon)... mais bon ... très gentil...
Il l'aide donc à pousser jusqu'au bord du trottoir et, plein de bonne volonté, ouvre le capot. Il inspecte consciencieusement la bête et dit à Sandrine :
« ça viendrait pas de là ? »
Sandrine se penche pour regarder ce qu'il lui montre.... Elle est prise d'un doute car si elle suit son regard ça l'emmène au milieu de la rue (il avait un gros défaut de parallélisme).
- où ça ?
- là !
Non elle ne rêve pas... il lui montre le cric.... Bon ! ce n'est pas la peine d'espérer se faire dépanner. Pour ne pas décourager sa bonne volonté elle lui dit que de toute façon, elle n'a pas le temps car elle va être en retard pour aller chercher sa fille. Il lui propose gentiment de l'emmener. Méfiante, elle accepte quand même. De toute façon, vu son gabarit, elle n'a pas grand-chose à craindre. Ils en ont pour 10mn de trajet à tout casser, elle ne devrait pas être trop en retard.
Au bout de 2 minutes elle devait déjà réprimer une furieuse envie de sauter en marche. Nul ne sait où il a pu avoir son permis ni même s'il l'avait.
Il ne dépassait pas les 30 km/h à fond de 2ème. Quand il voyait un feu vert il pilait. Peut-être qu'il était daltonien ? Y en a qui ne sont vraiment pas aidés par la nature, mais là tout de suite les sentiments de pitié sont très loin de Sandrine. Pour prendre un virage il lui faut toute la largeur de la route, est ce qu'il n'y a que ses yeux qui ont un problème de parallélisme ?
Bref ! Sandrine serre les fesses tout le long du trajet qui dure 30 mn au lieu de 10. Arrivés à l'école il lui propose de l'attendre pour la ramener avec sa fille.
-Non pas avec ma fille ! .... Enfin je veux dire, c'est gentil mais ma mère habite à côté, je vais me débrouiller.
Merci, au revoir et à jamais....
Lui s'en va tout content d'avoir fait sa BA. Car qui sait ? s'il ne s'était pas arrêté, peut-être serait-elle tombée sur un maniaque beau comme un dieu qui n'aurait pensé qu'à abuser de son corps. Ce que le destin tient à peu de choses tout de même.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 03:41

SANDRINE SE BAGARRE

Ce devait être en 1990. Sandrine avait 20 ans à cette époque et elle roulait en 309 GTI tunée par son ami. Elle allait travailler et elle avait donc la tenue de la parfaite secrétaire, à savoir un tailleur et des talons hauts. Elle est arrêtée au feu rouge et s'apprête à accélérer afin d'être la première à pouvoir s'engager dans la contre allée dans laquelle elle doit se garer sinon elle n'est pas sûre de trouver une place. Elle accélère donc quand le feu passe au vert et se retrouve dans la contre allée tant convoitée sans avoir gêné personne. Mais au feu rouge à côté d'elle il y avait un type d'une cinquantaine d'années dans une 4L et qui n'a pas du tout apprécié de se faire passer devant. Elle l'avait à peine remarqué jusqu'à ce qu'il la klaxonne. Elle ne s'en occupe pas. Elle repère une place pour se garer et s'arrête après avoir mis son clignotant afin de faire son créneau. A ce moment là, elle sent une voiture qui tape dans son pare choc arrière. C'est le type qui l'a klaxonnée auparavant. Elle bondit hors de sa voiture, furieuse et commence à dire au gars
-ça va pas non ? vous êtes complètement malade !
A cette époque elle faisait de la boxe française, alliée avec l'assurance qu'on peut avoir à 20 ans, et vous voyez ce que ça peut donner.
Le gars commence à s'exciter tout en restant assis derrière son volant et essaye de la frapper à plusieurs reprises sans y parvenir. Sandrine commence aussi à s'énerver et lui met une baffe. Le type sort de sa voiture en furie et là elle se retrouve comme par magie avec un nabot devant elle. Une espèce de roquet mal léché qui lui fait penser à un Yorkshire gueulard qui ne sait que chiquer les mollets de tout ce qui est plus grand que lui. Il aurait fallu les prendre en photo à ce moment là : Sandrine, 1m70 plus 5 cm de talons, Le Type, 1m60 et 50 kg tout mouillé. Ca l'a surprise une fraction de seconde mais les insultes continuent à fuser. Il essaye de la frapper mais Sandrine arrive à lui mettre 2 autres claques alors que lui n'arrive qu'à lui attraper la veste par intermittence. C'est alors qu'il décide de sortir sa botte secrète et, en bon spectateur de films d'action, il réussi à attraper Sandrine par le col et commence à se jeter en arrière afin de la propulser derrière lui, comme au judo. Malheureusement il avait du rater cette partie du cours car il n'arrive qu'à tomber lourdement en arrière en entraînant Sandrine qui se retrouve allongée sur lui, spectacle ambigü s'il en est. Sandrine arrive à se relever rapidement en continuant à le traiter de tous les noms mais lui reste à terre. Il lui attrape la cheville avant qu'elle ait le temps de s'éloigner et s'y cramponne comme un morpion.
-Mais tu vas me lâcher espèce de vieux con !
Non, il ne voulait pas la lâcher. Sandrine finit par attraper la chaussure qu'elle a perdue dans la bagarre et le menace avec le talon.
Un passant intervient à ce moment là et dis au Type
-mais enfin ! lâchez la où j'appelle la police !
Ca a fait son petit effet car le Type l'a lâchée et s'est relevé.
Le passant, très gentil, demande à Sandrine si ça va, elle lui raconte en gros son histoire et il lui dit qu'il y a un café un peu plus loin où elle pourra téléphoner à la police si elle le désire. Eh oui ! les portables n'avaient pas encore fait leur apparition. Sandrine va dans le café en question. Imaginez la réaction du patron quand il a vu arriver cette grande blonde complètement échevelée et débraillée avec un genou en sang, des collants déchirés, un chemisier et une jupe dégoûtants, il ne manquait plus que l'½il au beurre noir qu'elle avait poliment refusé. Après quelques explications elle téléphone à la police. Le patron du café lui dit qu'ils devraient arriver d'ici 20 mn, voire une demie heure.
Elle retourne dehors pour les attendre et elle ne voit plus son agresseur qui en a profité pour disparaître. Le passant n'est plus là non plus.
Au bout de 5 mn elle entend des pompiers. Rien d'extraordinaire sur une grande avenue de Versailles. Ils passent plusieurs fois devant elle, toutes sirènes hurlantes. Puis elle voit deux motards qui ont aussi l'air de chercher quelque chose. Ce n'est que lorsqu'ils se sont engagés dans la contre allée qu'elle a envisagé la possibilité que ce pouvait être pour elle. Un peu incrédule elle va au devant d'eux et il s'avère que c'était bien elle qu'ils cherchaient. La voilà donc avec un camion de pompier et 2 motards pour elle toute seule. De quoi provoquer la convoitise de ses collègues mais un peu encombrant pour emmener au bureau. Toutefois, comme Sandrine ne fait jamais les choses à moitié, 2 voitures de police arrivent en renfort. Efficacité de la police Versaillaise ou rapidité de la communication comme quoi les collègues sont en train de secourir une belle blonde ?...
Bref, elle se retrouve aux urgences de l'hôpital. On ne saura jamais ce qu'ont pensé les infirmières en voyant cette blonde emmenée par les pompiers pour un genou écorché.
Le lendemain elle est arrivée au bureau sans encombre mais avec les 2 genoux bandés. Ah oui ! j'avais oublié de vous dire, elle s'était déjà abîmé l'autre genou la veille en tombant pendant sa leçon de moto.
Ça c'est notre Sandrine.....

# Posté le mardi 16 septembre 2008 03:47

J'AI ACCOUCHE D'UN EXTRA-TERRESTRE

J’AI ACCOUCHE D’UN EXTRA-TERRESTRE
Ce jour là j'étais enceinte, comme tous les autres jours depuis 9 mois, mais j'étais bien. Mal nulle part, en pleine forme. Nous avons dîné chez des amis et nous avons même fait une promenade au clair de lune. D'habitude je ne pouvais pas faire 100 mètres sans m'arrêter à cause de douleurs aux ligaments, mais là, même pas mal ! C'était visiblement la pleine lune mais il faisait encore jour. J'étais allée à une visite obstétricale la veille et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Les premières douleurs ont commencé en rentrant, vers 1H00. C'était un dimanche et Michel mon mari travaillait le lendemain, je lui ai donc dit d'aller se coucher et que je le réveillerai si besoin. Je me suis couché à mon tour mais je n'ai pas pu dormir. Les douleurs se rapprochant de plus en plus et étant de plus en plus fortes, je me suis douté que c'était le jour J mais j'ai voulu laissé dormir Michel le plus possible. Je me suis levée, j'ai pris ma douche et préparé mes affaires pour la clinique. A 3H00 j'ai quand même fini par réveillé Michel le bien heureux, avant que la douleur devienne vraiment insupportable.
Il m'emmène donc à l'hôpital dans sa Golf GTI super rabaissée avec des amortisseurs sport, le cauchemar des femmes enceintes. Il rêvait de pouvoir foncer impunément mais je lui en ai vite fait passé l'envie.
A l'hôpital on m'installe directement en salle de travail, péridurale, branchements aux moniteurs ... tout marche comme sur des roulettes.
Au bout de 7 heures la sage femme commence à me demander de pousser. Je m'exécute en me concentrant car avec une péridurale ce n'est pas évident. Au bout d'un moment elle me demande d'arrêter et va chercher un médecin. Comme elle n'avait pas l'air affolé je me suis dit que je ne devais pas pousser suffisamment, je fais donc une nouvelle tentative. En fait je ne devais pas si mal me débrouiller que ça car quand elle est revenue elle m'a dit d'arrêter immédiatement. Un médecin est arrivé et a commencé à me trifouiller. J'ai su après qu'il avait fait une super maxi épisiotomie, dont je ressens encore les effets 15 ans après, et qu'il a également coupé le cordon, privilège qui était en principe réservé au père. En fait le cordon était enroulé autour du cou et plus je poussais plus j'étranglais mon bébé.
On me pose sur le ventre une chose visqueuse qui était sensé être mon bébé. Je m'attendais à des hurlements comme dans les films mais je n'ai eu droit qu'à de petits couinements. Puis on me le reprend rapidement pour le nettoyer. Comme il était né 15 jours avant terme on le met un peu dans une couveuse, posé sur le ventre.
On m'avait toujours dit qu'un bébé qui vient de naître ne fait que dormir et manger et qu'il a toujours les yeux à moitié fermés. Ma mère en sait quelque chose, elle en a eu 10. Alors, quelle était cette chose qui soulevait maladroitement sa lourde tête pour regarder autour de lui avec des yeux ronds comme des billes ? Je fais part de mon impression à l'heureux papa et je vois le bébé qui tourne la tête vers moi. Quand Michel me répond, il tourne la tête vers lui. J'ai donc tout de suite vu qu'il entendait bien car il était à l'affût du moindre bruit. Il avait l'air très curieux de se qui se passait autour de lui.
J'étais très intimidée, je ne savais pas trop comment m'y prendre avec lui car ce n'était pas un vrai bébé. J'avais envie de le mettre dans une poussette et de l'emmener au square plutôt que de le tenir allongé dans mes bras. D'ailleurs il avait horreur de ça. Il voulait toujours regarder partout, même s'il ne devait pas voir grand-chose. Pensant qu'il n'allait pas tarder à s'endormir j'ai voulu en profiter au maximum et, une fois dans ma chambre, je l'ai allongé sur mes cuisses un peu relevées. Je lui parlais, je lui faisais les marionnettes, et lui, regardait toujours avec ses grandes billes qui ne montraient aucun signe d'endormissement contrairement à moi qui était totalement épuisée. Je me sentais obligée de jouer avec lui car ses grands yeux voulaient dire : »aller maman ! encore ! encore ! » (je ne lui avais pas encore appris à dire s'il te plaît). Il a fini par s'endormir .... au bout d'une heure.
Quand je suis sortie de l'hôpital je tenais Mickaël dans mes bras, à la verticale, pour lui permettre de regarder derrière moi. Tout le monde se retournait sur nous. Je pense qu'on devait me prendre pour une folle. Jusqu'à ce que ce comportement paraisse normal, c'est-à-dire vers 3 mois, on me demandait toujours quel âge il avait.
En grandissant, son côté extra-terrestre s'est atténué bien qu'il soit resté précoce pour tout.
A 1 an pile, il marchait, à 2 ans il parlait couramment sans nécessiter de traduction de la part des parents, il a également été propre jour et nuit à 2 ans.
Son côté increvable est par contre resté. Dès qu'il a su marcher, à 1 an je pouvais faire au moins 1 km avec lui sans qu'il monte dans la poussette. A 4 ans il a appris à faire du vélo un jour du mois d'août avec son père et dès le lendemain ils partaient tous les 2 faire 10 km à vélo. Le gamin est revenu frais comme un gardon.
Aujourd'hui c'est un garçon tout à fait normal mais il a quand même adopté la tenue d'extra terrestre ... puisqu'il fait du cyclisme.

# Posté le mardi 16 septembre 2008 04:10

MARJORIE FAIT DE LA RESISTANCE

Marjorie était sur le point d'accoucher lorsque son médecin a décidé de provoquer l'accouchement 3 jours avant la date prévue, pour des raisons probablement plus savantes que « désolé mais dans 3 jours je serai au ski », du moins j'ose l'espérer.
Ce samedi après midi donc Marjorie est à l'hôpital et attend que les produits s'infiltrant dans ses veines fassent leur effet. Les douleurs tant « désirées » commencent vers 15 heures et Marjorie monte en salle d'accouchement.... Du moins on la monte en salle d'accouchement sinon elle aurait roulé au bas de l'escalier !
L'anesthésiste (oh médecin béni des femme !), arrive tel le sauveur brandissant une seringue devant laquelle Marjorie se prosternerait si elle n'avait pas déjà le ventre sur les genoux.
Malheureusement la péridurale ne fait pas d'effet et Marjorie se demande si l'anesthésiste, supplié trop souvent, n'avait pas fini par mettre de l'eau bénite dans la seringue. Il doit s'y prendre à 4 fois pour la piquer au bon endroit. En fin de compte c'est peut-être bien lui qui avait bu l'eau bénite, même pas ferrugineuse ...
La position inconfortable, la douleur, l'angoisse, font de très bons ingrédients pour que Marjorie commence à ne pas se sentir bien du tout et à avoir la tête qui tourne. Pas de quoi s'affoler, après tout rien de plus naturel que d'accoucher, elle l'a déjà fait une fois sans problème pourquoi pas 2 ?
Mais le monitoring n'est pas de bon augure, le crâne est déjà engagé et le bébé a le cordon autour du cou. Bien entendu l'infirmière ne lui dit rien de tout ça et la laisse seule un moment avec son mari.
Au bout d'1/4 d'heure, elle voit arriver une armée de médecin habiller en vert, avec les masques et toute la panoplie. Peut-être les médecins s'attendaient-ils à une mystique adoration et à une soumission inconditionnelle de la part de cette mère en détresse qui attend son sauveur. Mais quand l'infirmière annonce que la salle d'opération est prête, le sang de Marjorie ne fait qu'un tour.
-Qu'est ce qui se passe ? demande-t-elle, légitimement inquiète.
- on va vous emmener au bloc, il va falloir faire une césarienne
- Quoi ?! Pas question ! Ça va pas non ?
- Soyez raisonnable, le c½ur du bébé ne bat plus qu'à 60 pulsations au lieu de 120 et vous n'avez plus de contractions. Il faut opérer.
Marjorie commence à s'énerver. Et quand Marjorie s'énerve ça n'a rien d'extraordinaire à l'écrit, mais ajoutez l'accent du Sud et une gouaille bien de chez nous et ça change tout.
- Il est hors de question qu'on m'ouvre le ventre. Il sortira par l'endroit où il est entré. Son frère faisait 4 kilos et demi et il est passé par le même endroit, c'est pas une crevette de 3 kg qui ouvrira une autre porte.
Les médecins insistent et tentent de la raisonner mais c'est mal connaître Marjorie qui s'apprête à livrer la bataille de sa vie.
Elle n'a pas le temps d'en rajouter que le bébé montre qu'il est d'accord avec sa maman et lui inflige une contraction mémorable.
- il arrive ! il arrive ! vous voyez ! c'était pas la peine de vous affoler !
Elle n'a eu le temps que de pousser 3 fois et en même pas 5 minutes il était sorti.
Je doute que ce bébé devienne médecin un jour, vu la terreur qu'ils lui ont inspirée.

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 05:27